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Dans quel but
avez-vous organisé, du 16 au 19 courant à Yaoundé, « les
premières journées Camerounaise de l’épilepsie » et une session
de formation des formateurs en épileptologie ?
L’épilepsie constitue une priorité
de santé publique au Cameroun. Et son taux de prévalence varie
de 16 à 60 pour 1000 dans certaines zones à forte endémicité.
C’est une maladie qui se traite si un bon diagnostic est fait.
Malheureusement, jusqu’à 80% de malades n’ont pas accès au
traitement.
C’est pour cela que les premières
journées de l’épilepsie ont été organisées avec le concours de
l’European Epilpsy Academy ( Eurepa), la ligue internationale
contre l’épilepsie, la faculté des sciences médicales et
biomédicales de Yaoundé et la société Camerounaise de
neurologie, dans le but de former les formateurs.
Le problème, c’est que ces
premières assises ont lieu dans un contexte que vous ignorez et
qui fait que, en Afrique, l’épilepsie est réputée d’origine
surnaturelle…
L’épilepsie n’est pas une maladie
surnaturelle. La science permet de déceler le mal, de la traiter
et même de le guérir complètement.
Mais pourquoi donc les malades se
refusent à venir vers nous ?
Ce sont nos croyances
traditionnelles qui sont à l’origine de cet état de choses.
D’ailleurs, il faut les combattre en sensibilisant les malades
et l’opinion pour qu’ils sachent, de manière définitive, que
l’épilepsie n’est pas une maladie qu’on a « lancée ». Mais vous
savez, les croyances les croyances sont souvent difficiles à
vaincre. Il faut du temps pour en venir à bout.
Que fait la société
Camerounaise de neurologie dans ce sens ?
La société Camerounaise de
neurologie, donc je suis par ailleurs le président, il est
partenaire du ministère de la santé publique qui vient de mettre
sur pied un programme de lutte contre l’épilepsie. Se sont
d’ailleurs les membres de la société Camerounaise de neurologie
qui ont contribué aux études ayant incité le gouvernement à
adopter une stratégie de lutte contre cette maladie.
De manière générale, notre travail
vise à améliorer les services de soins, le traitement et
l’acceptation sociale de l’épilepsie comme une affection
cérébrale grave qui peut néanmoins être soignée. L’un de nos
principaux objectifs, surtout, est de sensibiliser d’avantage le
public e les professionnels pour dissiper les idées fausses qui
circulent sur l’épilepsie.
Le mal est donc profond ?
L’épilepsie est une maladie très
fréquente en Afrique : son incidence varie entre 64 et 156
nouveaux cas/100.000 habitants/an, contre 4 à 70 en Europe.
L’épilepsie représente l’un des principaux motifs de
consultation en neurologie, venant le plus souvent en 3è
position après les céphalées et les hémiplégies. Elle représente
3 à 5% des consultations pédiatriques au Cameroun. Le diagnostic
de l’épilepsie repose sur la description scrupuleuse et précise
du déroulement de la crise. Seul le récit du patient et/ou de
son entourage permettra d’apprécier l’existence de signes
évocateurs de la maladie : mouvements convulsifs, perte de
connaissance, chute, absence, relâchement des sphincters,
automatismes… Pour confirmer le diagnostic, le neurologue
prescrira un électroencéphalogramme, examen qui enregistre
l’activité électrique du cerveau. Il sera répété pour suivre
l’évolution de la maladie. La recherche de la cause de
l’épilepsie se fera au moyen de techniques neuroradiologiques
comme le scanner et l’imagerie par résonance magnétique
nucléaire (Irm). Mais les examens complémentaires sont peu
disponibles et peu accessibles en Afrique Subsaharienne. Pis, le
personnel médical formé à l’épilepsie est très peu nombreux.
D’où tout l’intérêt de sessions de formation de formateurs.
Tout ceci est bien compliqué
pour les profanes : qu’est-ce qui est à l’origine de
l’épilepsie ?
C’est une maladie neurologique.
Elle est l’expression d’un fonctionnement anormal, aigu et
transitoire de l’activité électrique du cerveau se traduisant
par des crises épileptiques, appelé aussi crises comitiales.
Elle se définit par la répétition des crises pendant un certain
temps de la vie d’un individu. Le médecin spécialiste de
l’épilepsie est un neurologue ou un neuropédiatre. Compte tenu
des multiples formes d’expression des crises et de leur
évolution, il n’y a pas une, mais des épileptiques.
Source:Dotcoms |