
Le
rappeur camerounais vient de commettre son premier
opus dans le marché discographique.
Il n'est pas la terreur incarnée. Mais il a choisi
comme label artiste Terror. Terror, c'est l'auteur
d'un album 100% rap, hip hop dont Black Alice, titre
de cette galette, est le fruit de 13 années de dur
labeur et de featuring avec la crème de rappeurs
Camerounais à la notoriété établie. Samedi, 21 mars
2009 la star qu'accompagnait Hervé Tueguem,
promoteur culturel, a présenté officiellement sa
trouvaille au complexe Belavie Akwa devant un
aréopage de journalistes culturels tirés sur le
volet. Un concert s'en est suivi, histoire de
partager le bonheur de la star avec ses fans venus
en grand nombre à ce rendez-vous.
Black Alice, riche de 14 titres avec 2 bonus track,
a été travaillé selon l'auteur depuis 2002 et
ambitionne de bousculer tout dans l'univers "rappologique"
camerounais. Sans surprise, Terror l'a baptisé
"album officiel de la révolution". Est-ce pour cette
raison que son visage ne figure pas sur la pochette
? Que non ! Terror justifie cette option par sa
volonté de faire découvrir l'homme par son travail.
Un travail dont le ressort thématique porte entre
autres sur un message d'espoir, notamment avec black
Alice qui ne va pas sans rappeler un dessin animé
télévisé appelé Alice au pays des merveilles, dans
un décor psychédélique, plein de rêves. L'artiste
affirme qu'à travers sa production musicale "je me
suis livré. C'est toute ma vie que je chante, c'est
ma joie, ce sont mes peines et douleurs que j'ai
transposées en musique"
Est-ce pour cette raison qu'une certaine mélancolie
transpire de son texte, lequel est hermétique par
endroit ? En tout cas, Shangaï 2ième titre de
l'album en est la parfaite illustration. Il met en
exergue la précarité ambiante qui caractérise la vie
dans notre société. La même teneur est comprise dans
Double trouble dont le texte évoque les fléaux et la
misère qui rongent l'Afrique. Dans la même gamme, Le
Cameroun ma prison, apparaît comme un coup de
semonce au régime en place. Artiste engagé, Terror
fustige les pouvoirs publics qui ne parviennent pas
à mettre un terme à la galère des Camerounais.
A côté de ce discours mélancolique, d'autres titres
viennent insuffler de l'espoir. Tout simplement, On
a un jour, Sous le soleil d'Afrique, sont des
messages d'espérance qui indiquent d'après le
rappeur que "la roue de l'histoire tourne".
Cicatrice, est essentiellement une phraséologie
autobiographique. La star y conte son parcours, son
amour et surtout ses cicatrices.
Séjour au gnouf
Dans ce registre, son séjour à la prison centrale de
New Bell, pour "outrage à la pudeur" alors qu'il n'a
que 17 ans lui est resté en travers de la gorge. Ce
d'autant plus que "chaque jour, je voyais des gens
mourir. New Bell, c'est un trou à rats. J'y suis
entré ado et j'en suis sorti adulte" raconte-t-il.
Selon toute vraisemblance, le biographe de Terror
dont le vrai nom est Aggee Toukas Mahend, à tort ou
à raison, à trouver des similitudes avec Fifty Cent,
rappeur Américain ayant reçu neuf balles et ayant
séjourné à plusieurs reprises au gnouf pour divers
motifs. Suffisant pour que Terror soit encore appelé
le "Fifty Cent Camerounais". Une dénomination qui ne
lui déplait pour autant pas.
En tout cas, Terror a tourné la page et reconnaît
que sa vie est comme un film. Black Alice qui lui
sert de rampe de lancement, a vu la participation
d'autres talents comme Franky P, Mister B, Black
Napoléon, Djess L'album est disponible chez Jps
production, Music store, Camer distribution au prix
de 2500 Fcfa seulement. A votre portée !
Alain Njipou, le Messager
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