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Quelques astuces...

Comment  produire les alevins en Aquarium

 

Types d'aquarium

Dans le centre de Louvain-la-Neuve, la salle d'élevage des poissons tropicaux (planche 2.4) est équipée de plusieurs types d'aquariums (d'une contenance de 400 l, de 200 l ou de 70 l) remplissant chacun des fonctions particulières. Ainsi, les aquariums de 4001 (longueur: 200 cm; hauteur: 50 cm; profondeur: 40 cm) servent avant tout au stockage des géniteurs (poissons de 50 à 200 g) mais sont, dans certaines circonstances, également utilisés pour la reproduction. Les aquariums de 200 l (longueur: 100 cm; hauteur: 50 cm; profondeur: 40 cm) peuvent également servir au stockage, mais ils se prêtent particulièrement bien à la reproduction de Tilapia nilotica. car ils garantissent aux femelles incubantes ou prodiguant les soins maternels des conditions de vie satisfaisantes, sur un espace minimal.

 

Par ailleurs, ces aquariums servent au grossissement d'alevins "fingerling" de plus de 5 g. Quant aux aquariums de 70 l (longueur: 60 cm; hauteur: 40 cm; profondeur: 30 cm), ils servent principalement au grossissement des alevins de 0.05 g à 5 g. Ils permettent également le stockage individuel des géniteurs ou l'isolement de poissons blessés.

 

Chacun de ces aquariums peut être alimenté, soit en eau propre, soit en eau recyclée, à bonne température. L'évacuation des eaux usées s'effectue par un trop plein constitué d'un tuyau en PVC (d'un diamètre de 25 mm et d'une hauteur légèrement inférieure à celle de l'aquarium, percé à 4 cm de son bord supérieur d'une rangée de trous, permettant le réglage du niveau de l'eau). L'eau est ensuite envoyée par un tuyau de décharge (diamètre: 32 mm) vers une gouttière (diamètre: 100 mm) qui l'achemine vers le filtre. En cas de maladie, chaque aquarium peut être déconnecté du circuit général et être filtré individuellement.

 

Distribution et épuration des eaux

Dans cette installation (figure 2.12), chaque aquarium est alimenté en dérivation avec de l'eau à bonne température (± 27°C). Ce type de distribution permet de déconnecter un aquarium déterminé en cas de maladie. L'eau des aquariums est renouvellée en permanence à faible débit (0.1 l/min). Selon les cas, elle provient soit de la réserve d'eau propre, soit de la réserve d'eau recyclée, soit encore des deux réseaux de distribution à la fois. Ces réserves sont placées en hauteur et l'eau s'écoule donc par gravité. L'eau excédentaire est évacuée des aquariums par le trop-plein et acheminée par une gouttière vers le filtre.

 

Celui-ci est constitué de quatre entités bétonnées, chacune étant munie d'un trop-plein et pouvant, si nécessaire, être mise à l'égout. Le premier compartiment en forme de cône renversé, sert de bassin collecteur et permet une première décantation. En fonction de la quantité d'eau qui afflue vers le filtre, une fine couche d'eau passe ensuite au-dessus du muret qui sépare le premier compartiment du second. L'eau, y traverse d'abord un caisson, rempli de billes d'argex (filtration mécanique) avant d'être pompée vers le filtre biologique du troisième compartiment.


Figure 2.12. Plan schématique des installations d'élevage et d'expérimentation pour T. nilotica au Centre de Biologie du Comportement et de Pisciculture M. Huet de l'U.C.L. à Louvain-la-Neuve.

Cette filtration permet la dégradation des produits toxiques contenus dans l'eau (tels l'ammoniaque et les nitrites). Elle s'opère sur des éléments plastiques, appelés garnissage, qui présentent une surface maximale pour le volume occupé. Ces éléments sont empilés les uns sur les autres dans un énorme caisson, placé au-dessus du troisième compartiment. L'eau, en ruisselant sur ces éléments, entre en contact prolongé avec les colonies de bactéries, qui dégradent efficacement les matières organiques. Une filtration biologique maximale est assurée lorsque le filtre biologique a été dimensionné en fonction de la quantité d'eau à filtrer et de sa charge en matière organique et en produits toxiques. Ce rapport entre volume d'eau à filtrer et volume du filtre varie entre 2 (charge en poisson élevée) et 4 (charge en poisson plus faible). Vu le nombre limité de poissons adultes nécessaire à la production d'alevins, le volume du filtre est généralement quatre fois inférieur à celui de l'eau à filtrer. L'eau filtrée est ensuite recueillie dans le bassin du troisième compartiment, d'où elle s'écoule vers le dernier compartiment par un tuyau de connexion.

Dans ce compartiment, une seconde pompe envoie enfin l'eau vers le réservoir (passage obligé par un filtre de 100 microns), situé à l'étage supérieur. Ce dernier joue un rôle tampon. En effet, il assure un apport régulier d'eau vers les aquariums et ce malgré les fluctuations de débit dues à des vidanges d'aquarium, de mise à l'égoût d'un compartiment, etc. Généralement, ce réservoir est rempli à ras-bord et il convient donc d'y installer un trop-plein. Celui-ci peut être raccordé au second compartiment du filtre, évitant ainsi une perte inutile d'eau du circuit.

 

Dans notre installation, les vitesses d'écoulement vers les aquariums et de repompage vers le réservoir ont été réglées de manière telle que l'eau est brassée 3-4 fois par jour. Néanmoins, vu la faible mise en charge du système, l'eau recyclée n'est remplacée qu'au bout de 4 jours

 

Circuit d'air

En aquarium, l'apport permanent d'oxygène est essentiel à la santé et au bien-être des poissons. Même si Tilapia nilotica résiste relativement bien à une faible saturation en oxygène (< 1 ppm à 25°C), une insuffisance chronique en oxygène réduit sensiblement les fréquences de pontes. Dans notre laboratoire, l'approvisionnement en oxygène est assuré par une turbine (2800 tours/min; 220 volts; 2.3 ampères en triphasé). L'air ainsi produit (débit: 100 m3/h; vitesse: 30 m/sec) est distribué par une conduite en PVC (diamètre: 40 mm; débit: 900 l/h) sur laquelle des prises d'air ont été placées à des intervalles réguliers. Le réglage du débit d'air s'effectue, au niveau des aquariums, par des robinets individuels, l'air étant distribuée par des diffuseurs d'air. L'excédant d'air s'échappe du circuit par un vase d'expansion d'une hauteur d'eau d'1.10 m (niveau supérieur à la hauteur maximale d'eau dans les aquariums), assurant une pression constante dans le circuit. Sauf exception, ce type de circuit fournit aux poissons une eau saturée en oxygène à 70% (5.5-6 ppm d'O2 à 25°C).

 

Éclairage

Une double rangée de tube néon (lumière blanche, 36 watts), protégée par des caches étanches, et placée à environ 50 cm de la surface de l'eau, fournit la lumière nécessaire (1500 -3000 lux à la surface). L'éclairage étant commandé par une minuterie, un cycle d'éclairement de 12 h de lumière et de 12 h d'obscurité est imposé aux poissons. En effet, Tilapia nilotica est relativement sensible à l'éclairement et recherche activement des zones plus claires. Une intensité de lumière trop faible ou un cycle trop court peuvent donc également affecter le comportement reproducteur de cette espèce. Un cycle d'éclairement allongé (13 à 14 h de lumière) favorisera la gamétogenèse et améliorera les performances de reproduction.

 

Autres aménagements

Outre les aménagements qui permettent de rencontrer les exigences biologiques de Tilapia nilotica (température, oxygène, éclairage, qualité de l'eau, espace disponible), d'autres aménagements visent à optimaliser les conditions de travail dans la salle. Ainsi, il est indispensable de prévoir, à même le sol, une évacuation vers l'égout. Celle-ci est facilitée par un sol en légère pente et peut encore l'être davantage par une gouttière enfoncée dans le sol et recouverte d'un grillage qui traverse partiellement ou entièrement la pièce.

 

L'eau et l'humidité permanente de ces salles impliquent que le revêtement du sol, les plinthes, les murs et les portes y résistent. Par ailleurs, la sécurité de la pièce peut être sensiblement augmentée en suspendant les installations électriques (éclairage, prises électriques) à des rampes disposées au-dessus des aquariums, le danger d'électrocution étant écarté par des prises de terre et des disjoncteurs différentiels. Souvent, un système de ventilation s'avère également nécessaire pour réduire le taux d'humidité de la pièce et pour empêcher la formation de moisissures. En régions tempérées, un double vitrage s'indique pour réduire les pertes de calories et pour éviter la condensation sur les vitres dans le cas où la salle est équipée de fenêtres. Pour l'élevage des poissons, l'absence de lumière naturelle ne pose néanmoins aucun problème. Au contraire, elle permet d'éviter la prolifération des algues vertes.

 

Entretien des installations

L'entretien des installations est fort aisé et demande relativement peu de temps. Ainsi, les aquariums nécessitent un entretien toutes les 1-2 semaines. Celui-ci consiste en un nettoyage des parois et une vidange aux trots-quarts, permettant l'évacuation des déchets, sans que les poissons ne soient manipulés, le nouveau remplissage se faisant automatiquement.

 

Quant au filtre, l'entretien régulier se limite à la vidange hebdomadaire du tank de décantation (5 min) et au nettoyage mensuel du caisson à billes d'argex, des pré filtres et crépines (3 heures). Par précaution, nous contrôlons également toutes les semaines la qualité de l'eau du circuit de recirculation (température, pH, taux d'oxygène, taux de nitrites avant et après filtration, durée 1 h).

 

Tous les 2-3 mois, le filtre (100 microns) est rincé et les tuyaux de distribution d'eau (diamètre: 10 mm) au-dessus des aquariums débouchés. Enfin, les tanks en béton qui récoltent l'eau du filtre sont brossés et purgés au bout de 6 mois, le nettoyage des réservoirs d'eau ne s'avérant nécessaire qu'après 3-4 ans. Selon d'autres chercheurs qui utilisent le même type de filtre émergé, l'entretien de ce dernier ne s'impose qu'au bout de 10-12 ans et s'annonce par une augmentation notable de sa consommation en oxygène. Sa durée d'activité est donc particulièrement longue.

 

Néanmoins, un certain nombre de précautions doivent être prises pour lui assurer des conditions de fonctionnement optimales. Etant donné que la filtration se fait de manière biologique, toute action qui risque de détruire la colonie bactérienne doit absolument être évitée. Ainsi, il faut à tout prix s'abstenir d'utiliser dans le circuit (aquariums, gouttière, tuyauterie) des produits toxiques (eau de Javel, permanganate de potassium, antibiotiques etc.), étant donné qu'ils seront directement acheminés vers le filtre. En outre, il faut également s'assurer que le filtre émergé garde, à tout moment, un taux d'humidité élevé, qui est indispensable au bon fonctionnement et à la survie des bactéries. Il arrive parfois que des problèmes surviennent dans l'acheminement de l'eau vers le filtre (pompe en panne, coupure du circuit d'eau pour raison d'entretien etc.). Dans ce cas, il est impératif d'arroser le filtre avec de l'eau propre (qui peut même être plus froide) le temps nécessaire à la remise en état du circuit. De cette manière, il est possible de sauvegarder le pouvoir filtrant du filtre, même si le circuit a été arrêté pendant plusieurs semaines. A l'occasion d'une telle interruption prolongée, nous avons, en effet, constaté que, grâce à cet arrosage compensatoire, le pouvoir filtrant avait entièrement été rétabli après 4-5 jours, alors qu'il aurait fallu plus de 4 semaines pour relancer le filtre après un dessèchement total. Dans le cas où le filtre ne travaille que partiellement, il est conseillé de le charger le moins possible en matière organique, ce qui revient à nourrir moins abondamment les poissons.

 

Maintenance des géniteurs

En laboratoire, il est utile de disposer, pendant toute l'année, d'un stock réduit de géniteurs qui permet de relancer la production de poissons en cas de besoin. Idéalement, un stock minimal doit être constitué de 5-6 mâles et de 10-12 femelles (poids des géniteurs entre 100 et 200 g) et peut être gardé dans un seul aquarium de 400 l. Un tel stock, dont les potentialités reproductives dépassent largement les besoins moyens de tests en laboratoire (une femelle de 150 g produit sans problème 300 alevins par ponte), se justifie par le souci de garantir une production d'un millier d'alevins en un mois et ce malgré une baisse momentanée de la fécondité du stock, due à des blessures chez une partie des mâles et/ou à un allongement imprévu du cycle de ponte chez une partie des femelles.

 

L'évitement des conséquences néfastes de l'agressivité est aisé en dehors de la reproduction. Pour ce faire, il suffît de regrouper les adultes à une densité relativement élevée. En effet, dans ces conditions, les perturbations mutuelles entre congénères rendent difficile la défense territoriale, qui motive pour une part importante l'agressivité des mâles. Il a été démontré qu'en période de conditions défavorables, l'espèce abandonne son investissement dans la reproduction et adopte une vie grégaire, pacifique (FALTER, 1984; FALTER et DE BACKER, 1988). En dessous de 20°C, l'activité sexuelle est totalement arrêtée, mais l'appétit des poissons (et donc leur croissance) diminue également. Enfin, un dernier moyen pour contrôler l'agressivité des mâles consiste à installer un courant d'eau sur le fond de l'aquarium. En tous cas, la pratique courante qui consiste à retirer de l'aquarium l'animal le plus agressif est à proscrire, car elle favorise chez les poissons restants l'apparition de comportements territoriaux. Ces conditions légèrement défavorables à l'espèce (même pratiquée sur plusieurs semaines ou mois) n'handicapent en aucune manière son pouvoir reproductif, à condition que les animaux reçoivent une nourriture en quantité et qualité suffisante et qu'ils ne soient pas trop vieux (âge optimum: 6-18 mois). Dans ces conditions de stockage, la reproduction n'est pas inhibée, mais sa fréquence simplement ralentie. Si les reproductions spontanées doivent être totalement supprimées, il est indispensable de séparer les sexes. Mais même dans ces conditions, certaines femelles continuent à pondre. Elles n'incuberont cependant que pendant 2-3 jours, le temps nécessaire aux oeufs non fécondés de se dégrader dans leur cavité buccale (ROTHBARD, 1979).

 

Reproduction et incubation naturelles par couples

Cette technique, qui permet d'obtenir par voie naturelle une progéniture dont le père et la mère sont connus, repose sur le choix sélectif des poissons et leur réunion juste avant la reproduction. Elle nécessite une surveillance soutenue de l'état physiologique du stock des géniteurs, le repérage des individus prêts à se reproduire se faisant sur base de critères parfaitement visibles. Ainsi, les mâles qui défendent un territoire de reproduction, arborent des livrées de colorations typiques (couleur claire et brillante du corps, absence de stries bordant la nageoire dorsale, papille génitale proéminente) (FALTER, 1987) et présentent des comportements caractéristiques (défense d'une aire sur le fond, attaque des congénères, creusement) (HEINRICH, 1968). Les femelles prêtes à pondre deviennent, elles aussi, claires et brillantes, plus agressives et ont une papille génitale protubérante. Lors de l'approche de l'oviposition, elles recherchent activement la présence d'un mâle territorial (alors qu'elles se tiennent d'habitude à l'écart) et se mettent également à creuser (ROTHBARD, 1979).

 

Chez les tilapias, la vision d'un congénère favorise la maturation gonadique dans les deux sexes. C'est la raison pour laquelle les poissons sont généralement gardés en groupe (sauf en cas de blessure où il vaut mieux les isoler). La première étape dans la préparation des géniteurs consiste à placer deux mâles matures, séparés l'un de l'autre par une cloison solide, transparente et amovible (ex.: moustiquaire sur cadre rigide, retenue par des glissières) dans un aquarium de 200 l. Les poissons y établissent leur territoire en quelques heures. Généralement, ces préparatifs se font le matin, étant donné que Tilapia nilotica se reproduit principalement l'après-midi et le soir (FALTER, 1986). Dès qu'une femelle est prête à pondre, l'un des deux mâles est enlevé et la femelle introduite dans le compartiment libre. Celle-ci peut ensuite s'habituer à son nouvel environnement pendant quelques temps (déterminé par la durée nécessaire à la réapparition de comportements et patrons de coloration sexuels). Pendant cette période d'attente, le mâle et la femelle communiquent visuellement et olfactivement, et se stimulent mutuellement (ARONSON, 1945; SILVERMAN, 1978 a, b, c; FALTER et DOLISY, 1989; FALTER et CHARLIER, 1989). Dès la réapparition des comportements sexuels chez la femelle, la cloison est enlevée et les géniteurs se réunissent spontanément.

 

En général, le mâle commence directement sa parade devant la femelle et l'invite à le suivre vers son territoire. La femelle ne l'accompagne cependant pas nécessairement dès le début. Dans cette situation, les géniteurs échangent normalement peu de comportements agressifs. Toutefois, si l'un des deux poissons se met à agresser son partenaire (au point que ce dernier perde ses colorations typiques et commence systématiquement à fuir), il est préférable de séparer à nouveau les géniteurs et de présenter un autre mâle (plus pacifique ou plus dominant selon le cas) à la femelle. A cet égard, il est important de donner à la femelle, un mâle d'un poids légèrement supérieur au sien.

 

Une fois la ponte et la fécondation achevée, il est souhaitable de séparer à nouveau les poissons. C'est à ce stade que le mâle est généralement retiré de l'aquarium et qu'une autre femelle y est introduite pour tenir compagnie à la femelle incubante. Pendant l'incubation (qui dure environ 11 jours à 27°C), la femelle réagit, en effet, plus violemment aux perturbations extérieures et risque de détruire sa progéniture. Il est donc impossible de l'isoler, de la manipuler ou de la pêcher dans cet état. Le transport est néanmoins possible, à condition de ne pas la sortir de l'eau (ex.: transport dans un petit aquarium plongé dans son aquarium de séjour). En outre, il faut savoir qu'une femelle qui a recraché ses oeufs, ne les reprendra plus en bouche.

 

En général, la femelle garde ses jeunes encore pendant plusieurs jours (2-7 jours) après la phase d'incubation. Au début de cette période, elle les rappelle régulièrement en adoptant une posture particulière (corps incliné à 30%, tête vers le bas) et en battant énergiquement de ses nageoires pectorales. A ce signal, les jeunes refluent vers la tête de leur mère et cherchent, par toutes les voies (y compris les fentes branchiales) un accès à sa bouche. Par la suite, elle ne les rappelle plus qu'en cas de danger. Dans la nature, les jeunes se séparent de leur mère après quelques jours. En aquarium, la mère se désintéresse de ses jeunes au bout d'une semaine. C'est à ce moment qu'il est le plus indiqué de séparer la mère de ses jeunes. Elle pourrait tout au plus encore rester une semaine avec ses jeunes. En effet, la séparation doit absolument survenir avant que la femelle ne se prépare à une nouvelle ponte, étant donné qu'après cette oviposition, elle reprend en bouche tout ce qu'elle trouve sur son chemin. C'est ainsi que nous avons un jour inspecté la bouche d'une femelle qui contenait, outre les oeufs fraîchement pondus, une partie du gravier et une cinquantaine d'alevins de la ponte précédente. Depuis cet incident, tous nos aquariums sont dépourvus de gravier (ou de sable). Cette absence de substrat permet également d'assurer une meilleure hygiène de l'aquarium et n'est nullement indispensable au bon déroulement de la reproduction.

 

Reproduction et incubation naturelles par groupes

Cette seconde technique s'inspire du système d'élevage développé par HALLER et PARKER (1981). Elle consiste à introduire simultanément un mâle et trois à quatre femelles (poissons matures mais pas nécessairement prêts à se reproduire) dans un aquarium de 200 l (ou un mâle et six à dix femelles dans un aquarium de 400 l). Une cloison, solidement fixée à l'aquarium et percée de quelques ouvertures (suffisamment grandes pour permettre le passage aux femelles) retient le mâle territorial et agressif dans son compartiment, alors qu'elle permet aux femelles, plus petites, de circuler à leur gré dans tout l'aquarium. Ce système offre deux grands avantages. D'une part il ne nécessite pas une trop grande surveillance, et d'autre part, il minimise le risque qu'une femelle prête à pondre ne soit fécondée. Le seul inconvénient réside dans le fait que les poissons, une fois prêts, se reproduisent rapidement et que l'observateur humain n'y assiste que rarement.

 

Dans ce système, le mâle doit être retiré au plus tard la veille du jour où le première femelle fécondée libère ses alevins. La femelle incubante annonce ce moment en arborant un patron de coloration typique, caractérisé par l'apparition de 7-8 stries noires verticales sur le corps et de stries noires horizontales entre les yeux, bordés d'un anneau noir. Il est également impératif de retirer toutes les femelles non incubantes, étant donné qu'elles dévorent les alevins fraîchement libérés. Pendant la garde des alevins (qui peut durer 2 à 10 jours), la femelle défend un territoire et est excessivement agressive (plus agressive qu'un mâle territorial). Il faut donc éviter de la rapprocher trop de tout autre poisson. En effet, une telle présence est ressentie comme une menace et la femelle s'épuise à attaquer l'intrus. Tant que ce danger n'est pas écarté, elle ne lâchera pas ses alevins, qui risquent de mourir dans sa bouche. Lorsque l'on dispose d'un nombre suffisant d'aquarium, il est donc préférable de réserver un aquarium par femelle incubante. Enfin, ce système donne même de bons résultats dans des aquariums de 100 l.

 

Une variante de cette technique a été proposée par ROTHBARD (1979). Pour éviter les conséquences néfastes des comportements agressifs, ce chercheur suggère de constituer, avant la maturité sexuelle, des "familles" de Tilapia nilotica. A cet effet, il place une cinquantaine de poissons de 20 g dans un aquarium de 400 l (200 × 50 × 40 cm). Dès qu'un mâle devient mature et territorial, ROTHBARD enlève une partie importante de la population et ne laisse plus qu'une dizaine de femelles auprès de ce mâle. Selon notre propre expérience, il n'est cependant pas nécessaire de prendre autant de précautions. Même s'il est vrai qu'il est dangereux d'introduire un mâle dans un groupe dont la structure sociale est établie (ce qui se fait endéans quelques heures), il est possible de former à tout moment un groupe de géniteurs, à condition que tous les individus soient introduits simultanément dans un nouvel environnement. Par contre, l'intégration d'une femelle dans un groupe existant ne pose jamais de sérieuses difficultés, à condition qu'elle soit d'une taille comparable aux autres femelles.

 

Reproduction artificielle

Comparée à l'importance des recherches menées pour maîtriser les différents aspects de l'élevage de Tilapia nilotica, l'effort fourni pour développer une technique satisfaisante de reproduction et/ou d'incubation artificielle a été négligeable. Le manque d'intérêt pour cette dernière dimension de la biologie de ces espèces est essentiellement dû à la facilité avec laquelle ces dernières se reproduisent spontanément. Néanmoins, la maîtrise de la reproduction artificielle s'avère utile pour des études de sélection génétique et d'hybridation.

 

Préparation des géniteurs

L'achèvement, en temps voulu, de la maturation gonadique constitue la difficulté principale lors de la préparation des géniteurs. Chez les poissons matures, celle-ci est permanente, bien qu'elle soit cyclique chez les femelles. Chez les mâles, la spermatogenèse est continue, à condition que les poissons soient suffisamment nourris (ration journalière de 2% avec un aliment contenant 25 à 30% de protéines animales) et maintenus dans un environnement physique et social, propice à la reproduction.

 

Néanmoins, un contrôle de motilité et de concentration des spermatozoïdes s'impose dans le cas où l'on ne travaille qu'avec un ou deux mâles. A cet effet, quelques gouttelettes de laitance (liquide blanchâtre) sont prélevées à sec par pression sur l'abdomen d'un mâle territorial. Placées sous le microscope (agrandissement 400 x), leur motilité est ensuite contrôlée en ajoutant quelques gouttes d'eau. En fait, un tel contrôle s'impose chaque fois que la réussite des reproductions dépend d'un nombre très limité de mâles.

Chez les femelles, l'intervalle entre deux pontes est théoriquement de 28 jours. Cette durée peut néanmoins être diminuée de moitié dans le cas où les femelles sont empêchées d'incuber. Etant donné la difficulté avec laquelle l'état d'avancement de l'ovogenèse entre deux pontes est estimé, DADZIE (1970) propose, pour Tilapia aurea, soit une triple injection, par voie intrapéritonéale, de l'hormone gonadotrope chorionique humaine, dont la dose totale équivaut à 25 U.I./100 g de poids vif, soit une triple injection combinant l'extrait hypophysaire de carpe et l'HCG (dose totale: 0.25 mg/100 g et 25 U.I./100 g). Malgré les résultats encourageants de DADZIE (6 femelles/6 ont pondu dans les 24 heures), la plupart des auteurs, désireux de reproduire Tilapia nilotica de manière artificielle, préfèrent recourir à la méthode VALENTI (1975) qui consiste à utiliser une femelle qui vient de déposer spontanément son premier lot d'oeufs dans l'aquarium.

 

Reproduction artificielle

Pour réussir une reproduction artificielle, il est indispensable de respecter un certain nombre de règles et il est avant tout conseillé de travailler en équipe. Etant donné que toute la séquence des manipulations doit se dérouler dans un minimum de temps, l'expérience doit être entièrement programmée à l'avance. Comme matériel, on utilise généralement un rouleau de papier fin, un récipient sec à fond arrondi, une plume souple, une pipette Pasteur, un chronomètre et un peu d'eau non chlorée (ou de liquide fertilisant à température dé la pièce). Dès la sortie de l'eau, le géniteur est séché (l'eau diminue considérablement la durée de vie des produits sexuels) et partiellement enveloppé dans du papier fin, préalablement mouillé, seule, la région arrière étant dégagée. Cette dernière mesure permet non seulement de protéger les écailles du poisson pendant la manipulation mais assure également une meilleure manutention de l'animal.

 

Les ovules étant plus résistants que la laitance, on procède d'abord au "stripping" de la femelle. A cet effet, un premier expérimentateur maintient la papille génitale de la femelle à quelques centimètres seulement du fond du récipient. Avec le pouce et l'index, il exerce ensuite une légère pression sur l'abdomen de la femelle en direction de l'oviducte. Un second expérimentateur surveille l'opération et arrête avec un morceau de papier sec toutes les éjections parasites (urines, fèces, écailles). Si la femelle est réellement prête à pondre, l'extraction des oeufs se fait sans aucune résistance et le premier lot d'oeufs (plusieurs dizaines d'oeufs) est expulsé après trois ou quatre tentatives. A chaque nouvelle pression, un autre lot d'oeufs est expulsé. Lorsque la réserve d'oeufs commence à s'épuiser, leur apparition se fait plus rare et il est alors indiqué d'exercer la pression plus en avant, les ovaires de Tilapia nilotica occupant une large partie du bas de la cavité abdominale. Lorsque les oeufs n'apparaissent pas spontanément après quelques pressions, il vaut mieux interrompre la manipulation. En aucun cas, il ne faut augmenter la pression sur le ventre de la femelle ou insister jusqu'à l'apparition de sang.

Une fois les ovules récoltés, on passe immédiatement à la collecte de la laitance. Le premier expérimentateur, après avoir retourné le mâle sur le dos, exerce à nouveau une légère pression sur le haut de l'abdomen du poisson, les testicules étant moins volumineux que les ovaires et localisés plus près de la colonne vertébrale. Comme précédemment, le second expérimentateur recueille séparément les éjections parasites, et aspire par ailleurs, au moyen de la pipette, la laitance qui coule le long du flanc du mâle. Les mâles de Tilapia nilotica étant généralement fort généreux, il arrive fréquemment qu'un mâle donne plus de 0.5 ml de laitance. Afin de disposer d'une quantité suffisante de laitance, plusieurs mâles (2-3) sont cependant strippés par femelle utilisée.

 

La fécondation se fait alors en plusieurs étapes. CHOURROUT et ITSKOVITCH (1983) conseillent d'apporter initialement 0.05-0.2 ce de laitance par 100 ovules. Ce mélange est ensuite remué en douceur au moyen d'une plume durant 2 minutes environ. Après cette première phase d'homogénéisation, 10 ce de solution physiologique sont ajoutés et l'ensemble mélangé à nouveau pendant 2 minutes. Alors que ROTHBARD et PRUGININ (1975) rincent les oeufs dès ce stade, CHOURROUT et ITSKOVITCH transvasent les oeufs avec leur liquide dans un récipient plus grand, contenant 100 ce d'eau. Ce n'est qu'après une demie-heure, que les oeufs sont rincés et introduits dans un incubateur (planche 2.4). Nos propres essais sur la durée de vie de la laitance de Tilapia nilotica ont montré, qu'en présence exclusive d'une solution physiologique ou d'une simple solution de NaCl (0.9%), la motilité des spermatozoïdes est nulle, que l'apport supplémentaire d'une petite quantité d'eau douée permet de la déclencher et qu'enfin, l'utilisation de différentes solutions fertilisantes augmente sensiblement leur durée d'activité.

 

Incubation artificielle

L'incubation artificielle d'oeufs de diverses espèces de Tilapia a été pendant longtemps problématique. Les difficultés provenaient essentiellement des particularités qui caractérisent les oeufs d'incubateurs buccaux. Déjà SHAW et ARONSON (1954), dans leur étude sur le développement embryonnaire de Tilapia macrocephala, avaient découvert que les oeufs devaient être brassés en permanence vu l'abondance des réserves vitellines qui risquent d'étouffer le pôle animal. Ces auteurs avaient également remarqué que les oeufs de Tilapia étaient particulièrement sujets à l'envahissement par des champignons et des bactéries. RANA (1986) vient de confirmer ces données. Il a, en effet, réussi à augmenter le taux de survie d'embryons incubés artificiellement en irradiant l'eau de circulation aux rayons ultraviolets.

 

Par ailleurs, il a également constaté la fragilité relative du chorion qui se déchire prématurément à la suite de chocs mécaniques trop importants. Actuellement, les incubateurs qui donnent des résultats satisfaisants (60-70% d'alevins à vésicule résorbé), tiennent compte de ces différentes caractéristiques.

 

A ce jour, différentes techniques ont été développées (SHAW et ARONSON, 1954; BAUER, 1968; NUSSBAUM et CHERVINSKY, 1968; MIRES, 1973; ROTHBARD et PRUGININ, 1975; VALENTI, 1975; LEE, 1979; ROTHBARD et HULATA, 1980; RANA, 1986. DON et al, 1987). Leurs résultats sont néanmoins fort variables, comme le montre le tableau 2.42.

 

Tableau 1. Fonctionnement et rendement de différents types d'incubateurs.

Espèce

Reprod.

Forme incub.

Mouvem. d'eau

Traitem. Eau

% éclosion

Remarques

Auteurs

T. nilotica

naturelle

27°
37°

bouteille
Erlenmeyer

diffuseur d'air

-

-

-

Nussbaum et Chervinsky, 1968

T. aurea

artificielle

32°

cône renversé

diffuseur d'air dans goulot

50U.I./ml pénicilline G et 0.05 mg/mide streptomycine (sulfate)

56%
(35%-90%)

traitem. supplém. (choc au froid)
pH = 6.5

Valenti, 1975

T. nilotica

artificielle

26°

bouteille de Zoug (5l)

arrivée d'eau par le goulot

-

80% (74%-97%)

-

Chourrout et Itskovitch, 1983

T. nilotica
T. aurea

artificielle

 

bouteille de Zoug

-

avec U.V.
sans U.V.

60% (±10.6%)
13.5 (± 12%)

filtration sur charbon actif

Don et al, 1987

T. nilotica

naturelle

26°

bouteille de 35ml
(/300 oeufs)

-

-

71% (53%-83%)

-

Hoerstgen-Schwark et al, 1987

Malgré les importantes différences qui existent entre les techniques et qui rendent difficile la comparaison des résultats, les travaux récents semblent néanmoins privilégier:

- l'utilisation d'oeufs fécondés, obtenus après reproduction naturelle,

-la mise en route de l'incubation artificielle avec des oeufs âgés de deux jours (stade de pigmentation),

- une stérilisation de l'eau par irradiation aux U.V.,

- un brassage lent des oeufs (bouteille à fond arrondi).

Lors de nos propres essais, nous avons remarqué que le séjour des embryons dans l'incubateur pouvait être limité à la période précédent l'éclosion. Celle-ci survient, à 27°C, entre 96-120 heures après la fécondation. Dès l'éclosion, les alevins ont été transférés dans des récipients peu profonds (2 cm de hauteur d'eau), qui ont été alimentés en permanence par un faible débit d'eau. Dès ce stade, les cas de mortalité ont été extrêmement rares (< 1%).

Alevinage

Selon que les alevins ont été obtenus par incubation naturelle ou incubation artificielle, la première semaine de croissance se déroule soit en présence de leur mère (dans un aquarium de 200 l) soit dans le récipient peu profond (2 l pour une ponte). En général, les alevins sont exclusivement nourris avec des nauplii d'artémias (éclos dans un récipient profond contenant 21 d'eau, bien oxygénée à 27°C, à laquelle ont été ajoutés une cuillère d'oeufs d'artémias et 66 g de sel de cuisine). Cependant, d'autres nourritures, riches en protéines (50% de protéines) peuvent également convenir.

 

Après cette première semaine de croissance (tableau 2.43), les alevins (d'un poids moyen de 0.16 g) sont transférés, par groupe de 50, vers des aquariums de 701. Ils y sont nourris ad libitum 5-6 fois par jour pendant un mois. Ayant atteint à ce moment un poids moyen de 2 g, les groupes sont répartis chacun en deux aquariums, ce qui permet aux poissons de poursuivre leur croissance rapide pendant un autre mois.

 

Tableau 2. Schéma d'élevage d'alevins de Tilapia nilotica en aquarium.

Jours

Aquarium (l)

Densité (ind.)

Nourriture

Poids final (g)

0-7

200

300-400

Artémia

0.16g

8-35

70

50

Granulés réduits en poudre (50% prot.)

2.0g

36-64

70

25

Granulés réduits (30% prot.)

6.0g

 

C'est au cours de la période d'élevage des alevins que le cannibalisme est le plus à craindre (PANTASTICO et al, 1988). BERRIOS-HERNANDEZ et SNOW (1983) ont chiffré l'étendue de ces pertes dans leur étude comparative sur les taux de survie d'alevins, élevés dans différents systèmes d'élevage. La perte de loin la plus importante (97%) survient dans le système d'élevage dans lequel les alevins sont maintenus en présence des géniteurs. Les pertes les plus faibles ont été signalées pour les systèmes dans lesquels les géniteurs ont été séparés précocement, soit de leurs oeufs, soit de leurs alevins.

Il serait néanmoins erroné de croire que seuls les géniteurs dévorent les alevins. A plusieurs reprises, nous avons en effet observé en aquarium qu'une partie importante d'une ponte disparaissait, alors que la mère défendait âprement et efficacement ses jeunes contre tous les adultes. Dans ces cas, la perte importante était due au cannibalisme des alevins plus âgés ou des "fingerlings" qui étaient bien tolérés par la mère au milieu du nuage de ses jeunes. Il arrive également que le cannibalisme apparaisse parmi les alevins d'une même ponte. Dans ce cas, ce comportement n'apparaît que lorsque la taille des frères et soeurs diverge sensiblement (rapport 3 à 1). Dans le système d'élevage décrit ci-dessus, les pertes d'alevins sont quasi inexistantes, étant donné que tous les individus grandissent de manière plus ou moins comparable.

 

D'autres facteurs peuvent également être responsables de la perte plus ou moins importante d'alevins. Ainsi, la qualité de l'eau joue un rôle essentiel. Les alevins sont nettement plus sensibles aux nitrites que les adultes. Une eau de mauvaise qualité, non seulement freine gravement et durablement la croissance, mais encore peut causer une mortalité massive par intoxication. En outre, elle favorise l'explosion bactérienne (ex.: Aeromonas spp). Le seul remède à ce fléau consiste à renouveller l'eau très fréquemment. Par ailleurs, HENDERSON-ARZAPALO et STICKNEY (1980) ont mis en évidence l'existence d'une diminution importante des défenses immunitaires chez les jeunes T. mossambica (âgés de 3 mois environ) qui avaient été élevés en aquarium à forte densité (60 poissons/60 l). Dans ces conditions, la mortalité journalière était de 1 à 2%.

 

Par contre, des pertes de nature plus accidentelle, dues par exemple à une aspiration par la pompe (ou par le trop-plein) ou à des fluctuations excessives de température, pourraient aisément être évitées. Enfin, contrairement aux attentes, le facteur "aliment" ne semble jouer qu'un rôle secondaire dans la mortalité des alevins. Même sous un régime alimentaire totalement inadéquat, subi pendant deux mois, le taux de survie chez les alevins de T. nilotica (dont le poids n'avait varié que de 0.013 g à 0.1-0.2 g) avoisinait toujours les 50% (PANTASTICO et al, 1981). Néanmoins, une telle malnutrition ou sous-alimentation induit inévitablement l'apparition d'une plus grande hétérogénéité dans la taille des alevins et favorise, de ce fait, le développement du cannibalisme.

 

Elevage des fingerlings

Dès que les alevins ont atteint 5-6 g, il est nécessaire de leur offrir un volume d'eau plus important, c'est-à-dire de les transférer vers des aquariums de grossissement. Généralement, nous plaçons 25 poissons par aquarium de 2001. Ils sont ensuite nourris quotidiennement avec une ration alimentaire qui correspond à 3% de leur biomasse. Deux mois plus tard, les premiers signes de maturité sexuelle apparaissent chez les mâles, alors qu'ils ne le feront qu'un mois plus tard chez les femelles.

 

Poules Chèvres Vaches Moutons Porcs Lapin Poissons


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