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ELEVAGE
DU TILAPIA DE A ~ Z

Le
tilapia est l’un des poissons le plus largement
élevé dans le monde et sa production augmente à
un rythme élevé : 400 000 t en 1990, 1 800 000 t
en 2004. Comme pour la carpe, le tilapia est
l’un des poissons ayant fait l’objet du plus
grand nombre d’introductions et de transferts à
travers le monde à des fins d’élevage. Il est
produit actuellement dans une centaine de pays.
La sous-famille des tilapias est constituée
d’une centaine d’espèces dont une, Oreochromis
niloticus, représente 85-90% de la production.
Alors que le tilapia est déjà bien connu en
Afrique depuis des siècles (continent d’origine
de ce poisson), les pays développés ne l’ont
découvert que depuis 2 décennies. La chair
blanche du tilapia est« goûteuse » et il compte
parmi les 10 poissons les plus appréciés aux
USA. Les filets présentent une jolie coloration
: blanche ou très légèrement rose avec une chair
ferme et qui le reste durant la cuisson. La
qualité de la chair est souvent comparée à celle
du poisson-chat américain voire à celle de la
morue. De nombreuses prospectives positionnent
le tilapia comme une des espèces susceptibles de
remplacer certaines espèces marines en danger.
L’approvisionnement en tilapia du marché
international est relativement aisé à programmer
du fait que l’essentiel de la production
destinée à l’Europe ou aux Etats-Unis d’Amérique
provient de l’élevage. On peut estimer, très
globalement, que la production de tilapia
aujourd’hui répond aux exigences du
développement durable. Le marché international
du tilapia doit s’amplifier de façon (très)
significative selon les diverses projections
élaborées ces dernières années et de très
nombreux investissements privés (surtout) et
publics sont programmés, au Nord comme au Sud,
dans les prochaines années. Le prix du tilapia
est amené à décroître dans ce futur contexte.
Aux Etats-Unis, le prix du filet frais du
tilapia était en 2005 de7.70 US$/kg soit 15 % de
moins que l’année précédente à comparer avec
6.27 US$/kg pour le poisson-chat américain (Ictalurus
punctatus).Le tilapia est un poisson à
croissance relativement rapide qui se nourrit
aux niveaux inférieurs de la chaîne alimentaire.
Son régime alimentaire est très plastique (de la
fertilisation aux aliments composés)
principalement basé sur l’utilisation de
produits et de sous-produits végétaux ou
d’aliments composés à faible teneur en protéines
(25 %). En fonction de son régime alimentaire,
le tilapia peut atteindre la taille marchande de
400 g en 8 mois. Le tilapia peut être produit
partout où l’eau est disponible, certaines
espèces ayant même l’aptitude à s’adapter à des
eaux saumâtres/salées. La seule contrainte
majeure est d’ordre thermique : 15°Cminimum –
38°C maximum (optimum : 28-32°c).Compte tenu des
bonnes conditions de commercialisation du
tilapia dans les pays développés, on assiste
actuellement à une tendance à l’installation de
fermes aquacoles de tilapia dans les pays du
Nord en eaux réchauffées (géothermales, aval de
centrales électriques, etc.) : elle est encore
limitée mais les projets se multiplient. Un
handicap majeur au développement de cette
filière, particulièrement en Europe, est la
relative absence de connaissance du produit de
la part du consommateur : son origine, ses
méthodes d’élevage et, plus que tout, la manière
de le cuisiner. Comme pour les autres espèces «
exotiques », le tilapia doit être « expliqué »
au consommateur au moyen de campagnes
publicitaires concrètes et claires. Cependant,
le tilapia provient fréquemment de petites
exploitations qui ne s’intéressent guère aux
actions promotionnelles. Le tilapia est donc
entrain de devenir une source majeure de produit
aquatique à la fois dans les pays développés et
les pays en développement. Il ne semble pas y
avoir de répercussion induite par un
approvisionnement des pays du Nord à partir des
pays du Sud en termes de compétition de
ressource alimentaire. Les tilapias
commercialisés dans les pays en développement ne
correspondent en rien aux exigences du marché
des pays développés. Ils proviennent de systèmes
d’élevage intensifs, semi-intensifs, intégrés, (rizipisciculture,
élevages associés porcs-poissons ou
volailles-poissons) et extensifs dont les
productions sont en général à la fois
hétérogènes (taille, qualité…), ne répondent pas
aux normes sanitaires internationales et dont la
programmation en termes de production est
difficile/impossible à établir. En tout état de
cause, l’augmentation des exportations de
tilapia vers les pays consommateurs du Nord aura
des impacts positifs sur l’économie des pays
exportateurs. Les systèmes de production De
façon très schématique, trois systèmes d’élevage
du tilapia peuvent être identifiés. La
pisciculture « vivrière rurale » met en œuvre
des étangs très largement répandus en zone
tropicale et gérés de façon « extensive ». Les
produits de cette pisciculture sont destinés à
l’autoconsommation mais également en partie aux
marchés locaux. La quantité produite domine les
considérations de qualité. La pisciculture
artisanale de « petite production marchande »
correspondant à des systèmes semi-intensifs qui
sont omniprésents en Asie. Le tilapia remplace
progressivement les carpes dans ce type de
systèmes. L’aliment utilisé dans ces systèmes
est constitué d’un (ou plusieurs)
sous-produit(s) tel que le son de riz et autres
déchets (et effluents d’élevage) divers.
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