Sandrine Mezolié, inscrite en Master II histoire à l'université de Yaoundé I, a été retrouvée en décomposition avancée sous son lit le mardi 16 Août 2011.
Une odeur nauséabonde nous accueille à l'entrée du couloir qui mène dans la chambre d'étudiant de Sandrine Mezolié.
Nous sommes en pleine matinée du 16 août, à la mini-cité Tel-aviv, au quartier Bonamoussadi, non loin du Cradat à Yaoundé. Il fait frais et le vent qui souffle ne fait qu'empirer le picotement des narines. Mardi soir, le corps de cette étudiante en histoire de l'université de Yaoundé I, niveau Master, a été retrouvé sous son lit, enveloppé dans une moustiquaire. Lorsque le drame a été découvert vers 17h, du sang maculait le sol. La moustiquaire avec laquelle elle était recouverte avait perdu de sa couleur blanche originelle.
Belle, calme, intelligente
Sandrine Mezolié était une remarquable soliste au sein de la chorale Solideo Gloria de l'Eglise presbytérienne du Cameroun, paroisse d'Obili. Ses amis de cette chorale où elle était par ailleurs secrétaire commencent alors à s'inquiéter lorsqu'ils ne voient pas Sandrine à la rencontre hebdomadaire de jeudi, pourtant « jamais » absente à ces réunions. C'est en effet depuis ce 11 août que son téléphone renvoie les appelants à la messagerie vocale. Toutes les tentatives de la joindre ayant échoué, le président de la chorale, un certain Georges, décide de se rendre chez elle avant-hier. A son arrivée, il trouve la porte de Sandrine fermée de l'extérieur avec un cadenas. Après avoir cogné avec insistance, il décide de casser la porte. Et découvre « l'impensable ». A en croire les voisins et les amis de la défunte, elle serait morte entre jeudi 11 et samedi 13 août. Au moment où son corps est découvert, l'on remarque une partie de son abdomen largement ouverte. Ce qui fait croire à son entourage qu'elle a été assassinée soit par un coup de fusil, soit par un coup de couteau. Mais qui aurait pu autant en vouloir à Sandrine, au point de lui ôter la vie ? Fabrice, son ami, voisin et camarade au sein de la Jeunesse active presbytérienne et évangélique, mouvement chrétien dans lequel Sandrine était censeur, n'en revient pas. Il n'imagine pas encore pourquoi quelqu'un en voudrait à cette belle fille, au teint clair, courte, mince, avec ses doigts et ses pieds toujours bien taillés et qui en rajoutaient au charme de son calme. Sandrine était alors un personnage très effacé, timide, très peu bavard, mais toujours souriant. D'une pudeur « extrême ». D'ailleurs elle ne parlait jamais de son « boyfriend », que Fabrice et sa cousine Larissa disent qu'ils n'ont jamais vu.
Francis Nkoro, le gérant du secrétariat bureautique dans lequel elle était chargée de la saisie sait juste à ce sujet qu'elle avait une relation avec un professeur de Lycée. Rien de plus, puisqu'elle n'en parlait pas ou alors elle fuyait toujours le sujet. Pour les rares fois où il lui arrivait de s'engueuler avec quelqu'un, elle terminait la discussion en larmes. Sandrine était alors très émotive. « Un personnage sans histoire », précise Fabrice.
Battante
Au secrétariat bureautique en face de la cité-universitaire dans lequel elle travaillait, on lui reconnaît sa compétence et son dynamisme. C'est d'ailleurs grâce aux 30000Fcfa que Sandrine gagnait chaque mois dans ce secrétariat qu'elle se payait ses droits universitaires et à vivait au quotidien. Son père cultivateur et sa mère ménagère n'ayant pas suffisamment de moyens. Cela n'a pas empêché qu'elle mette du sérieux dans ses études. « C'était une fille très brillante » lâche-t-il. Elle venait d'ailleurs de percevoir ses 50000 Fcfa de prime à l'excellence universitaire. De même, Sandrine attendait avec impatience les résultats du recrutement des 25000 jeunes auquel elle a postulé.
Une enquête a été ouverte à la Police judiciaire de Yaoundé où quatre personnes ont été entendues. Sandrine Mezolié, quant à elle, repose déjà dans son village natal à Ntoung, par Abong-Mbang, dans la région de l'Est, où elle a été inhumée hier après-midi. A 23 ans.