Après le
succès que lui a procuré l'album
discographique «Ingratitude», l'artiste
musicien Ama Pierrot avait pris du recul
pour mieux se pourvoir.
Pendant
près de deux ans, il s'est lancé dans la
recherche des sonorités et à la
découverte des nouvelles mélodies devant
lui permettre un retour dans les bacs
avec un nouvel opus. Dans la deuxième
moitié de l'année dernière, l'artiste
auréolé du pseudonyme du « grand général
» a retrouvé la scène avec un album
discographique
magnifiquement goupillé. Intitulé
«l'harmattan», l'opus qui est en fait un
cocktail de faits de
société
et du train-train quotidien
comporte dix chansons qui s'écoutent
avec une égale attention. Qu'elles
soient : «Enterrement de la jalousie», «
Qui sont-ils », «Ban Meyok», «Coeur de
diamant», «Combat », «Hypocrisie», «Aime
moi comme je suis »..., chacune de ces
chansons s'offre avec autant de
splendeur dans la thématique que dans
l'orchestration. Ama Pierrot chante
certes l'amour, mais davantage
pour
corriger les moeurs, décrier les
avatars sociaux qui gangrènent et
pourrissent les rapports humains. Son
tube et principalement la chanson phare
«Enterrement de la jalousie», est
célébrée par tous les mélomanes et jouée
en boucle dans toutes les radios. De par
la force du texte, la pertinence du
thème, les ravages que la jalousie
provoque dans
notre
corps social, cette chanson
permet d'interroger nos valeurs
d'humanisme, d'écrire l'histoire du
présent, de comprendre et faire
comprendre la marche de notre
civilisation.
L'artiste
chante en français et en ewondo, pour
dénoncer les mensonges des êtres
humains; il en appelle à la mobilisation
de tous pour une éthique sociale qui
s'adosse sur la reconnaissance du
travail de chacun. De sa
voix de
stentor, à la fois suave et
fluette, l'artiste excelle par une
maîtrise de la technique de chant, même
si à l'écouter, l'on a le sentiment
d'avoir à l'oreille une artiste à la
voix éprouvée. Sa chanson de charme
intitulée « Coeur de diamant », en
hommage aux actions débordantes de
générosité et d'humanisme de la première
dame, Chantal Biya est bien écrite et
fait de son album un véritable régal.
L'épouse du chef de l'Etat qui s'en est
sentie bien émue, lui a même ouvert les
portes du Palais d'Etoudi. L'artiste en
a profité pour éblouir les enfants de
l'école des coccinelles lors de l'arbre
de noël le 24 décembre dernier. Un
succès croustillant qu'il a renouvelé il
y a quelques jours, en séduisant, au
point de provoquer l'euphorie populaire
de Chantal Biya et ses convives venues
lui présenter les voeux du nouvel an au
Palais. La
fiche
technique de l'album a de quoi
faire des émules.
Des
lauriers en cascades
Les
arrangements et la réalisation portent
l'estampille de Ama Pierrot, Usilio Noga
et Bertrand Eba, les guitares sont
assurées par Tonto Ebogo, Henry Minko,
Etienne Bass. Alors qu'en featuring on
retrouve la voix enjolivée de Messi
Ambroise, dans les choeurs, Tanus Foe,
Valery Medzo et Janvier Kitoko font la
pluie et le beau temps. L'enregistrement
a été assuré par le studio Marcadet à
Paris France. Malgré son absence lors du
dernier Festibikutsi 2009, le général
Ama Pierrot a été célébré par la foule
et a reçu le prix grand public, pour la
valorisation du bikutsi. « C'est un
artiste du cru, qui s'inspire du
patrimoine national. Il puise dans nos
richesses culturelles, ajoute des
orchestrations bien ajustées, une
technique de chant des mélodies
langoureuses qui ne laissent personne
indifférent» affirme Lazare Etoundi,
chroniqueur culturel et journaliste en
service à Yaoundé.
Le cercle
des animateurs et journalistes culturels
de radio et télévision à travers
l'émission « Bamboula Hit Parades » que
présente Billy Show à Yaoundé, lui a
décerné le prix de l'artiste de l'année
2009. Une reconnaissance qui selon
l'artiste, lui permet de redoubler
d'ardeur au travail. « Je remercie le
bon Dieu qui m'a aidé à réaliser cet
album, mon épouse Schafer Bekono Ama
Angèle Lydie, mon public et tous ceux
qui me soutiennent. Tant que le peuple
va continuer à me témoigner de sa
confiance, je serai toujours en haut »
clame-t-il, visiblement ému.