un
titre extrait de l’album intitulé Mélodies
d’amour,
sorti en 2007. Mais aussi faire un clin
d’œil aux enfants déshérités et autres
orphelins.
Doit-on conclure qu’il n’y a pas une
nouvelle galette musicale dans vos
bagages ?
Non pour l’instant. Il n’y a pas un
nouvel album de Viviane Etienne dans les
bacs. Parce que je suis occupée par mes
activités professionnelles. En fait
j’avais pris un repos sabbatique dans
l’optique de mieux suivre mes activités
professionnelles en France où je vis.
Quand vous êtes à la tête d’une
entreprise, ça ne rigole pas. Il faut
gérer le personnel, suivre des dossiers,
faire des projections entre autres. Vous
savez, la musique pour moi est une
passion. Ce n’est pas une activité que
je mène en plein temps. J’avais mis la
musique entre parenthèse au cours de
cette période, il faut l’avouer. Un
disque, c’est au minimum 10 chansons qui
demandent du travail et une bonne dose
de rigueur. Je ne peux pas injecter
toutes mes chansons sur le marché au
même moment.
Quelle place accordez-vous au texte dans
vos chansons ?
Ma musique a pour fondement de base
l’amour. Mais alors l’amour avec la
lettre «a» majuscule, c’est à dire au
sens noble du terme. Dans «Gigolo» par
exemple je fustige
le
comportement de certains hommes
qui manquent du respect à la gent
féminine, affiche des comportements
indignes, se croient obligés de vivre en
faisant du chantage à la femme. «Bonam» est
un hymne au partage. Il faut aimer
autrui, partager avec lui, éviter les
égoïsmes de toutes sortes. Dans les
titres comme «Maman»,
je demande à toute conscience de savoir
dire merci à sa maman. Celle là qui vous
met au monde, vous accompagne, vous
encadre, vous assiste en toutes
circonstances. Parfois nos mamans sont
l’objet de raillerie, d’insultes et sont
taxées de
tous les
noms d’oiseaux lorsqu’il y a des
incompréhensions. Alors je dis, il faut
avoir du respect pour sa maman. De même,
j’invite
les uns et les autres à avoir un
brin d’amour pour les enfants de la rue
qui méritent qu’on leur accorde une
seconde chance dans leurs vies. En gros
les
relations interpersonnelles
occupent une place de choix dans la
thématique que j’aborde dans mes
chansons.
Une thématique qui revêt plusieurs
formes d’expressions musicales. Le zouk,
un makossa hot avec une propension au
«couper décaler» bien marquée…
Effectivement. Je fais de la musique par
passion. Je fais ce que je sens. C’est
pour cette raison que j’y mêle tout ce
qui me plaît. Je
n’ai pas un
esprit cantonné.
Je ne suis pas prisonnière d’un rythme.
Par exemple « Gigolo» à
la base est du makossa avec des
animations ivoiriennes que j’aime
beaucoup. «Bonam »
est une chanson exécutée en duala, alors
que je ne suis pas de cette aire
ethnique. Je suis basa’a et je ne fais
pas de l’assiko tout simplement parce
que je ne le sens pas. Si j’invite à
titre d’exemple Chantal Ayissi, Hugo
Nyamé ou Lady Ponce à faire un featuring
avec moi, je ne vais pas les
conditionner. Je vais leur demander tout
simplement de s’éclater, de rester
authentique et non leur imposer une
camisole
de force dans l’expression
musicale. S’il a une influence de ma
part, il y aura forcément un manque
d’originalité.
Quelle est la nature de vos relations
avec les autres artistes camerounais qui
vivent en Hexagone où ailleurs?
C’est le
respect mutuel. Je ne suis pas à
Paris qui est la plaque tournante et où
vivent bon nombre d’artistes
camerounais. Je suis à Montpellier où je
mène mes affaires. Mais cela n’empêche
pas que nos retrouvailles soient
empreintes de beaucoup de chaleur
conviviale. J’écoute toutes les
musiques. Celles de mes collègues ne
sont pas en reste. Je pars de Beethoven
à Majoie Aï.
Vous êtes sûrement au courant des
épisodes ubuesques de la gestion du
droit d’auteur au Cameroun. Un coup
c’est la Cour suprême qui donne raison à
la Cameroon music corporation (CMC), un
autre c’est la Société civile de l’art
musical (SOCAM) qui ne lâche pas prise.
Quelle est la lecture que vous en
faites?
Le droit d’auteur c’est en quelque sorte
le salaire de l’artiste. Je n’ai pas de
commentaire particulier à faire sur
cette question. C’est un sujet qui me
concerne, il s’agit de notre chapelle.
Je dois avouer que je suis perdue. Il y
a un vrai bordel dans la gestiondu droit
d’auteur au Cameroun. Il faut que le
gouvernement frappe la main sur la
table. Si la Cour suprême prend une
décision il faut que l’on exécute. Il
s’agit, sauf erreur de ma part d’une
institution républicaine. Tout cela fait
désordre. Il faut que l’on revienne sur
les rails. Les gens doivent taire leurs
égoïsmes pour permettre à l’artiste de
vivre de son art. La SOCAM fait son
bonhomme de chemin. Je ne sais pas quel
est le statut de la CMC aujourd’hui.
Dans la vie, je pense qu’il faut savoir
mettre un terme aux conneries. Tout le
bazar qu’il y a dans la gestiondu droit
d’auteur pénalise les artistes.